Ribambelle
la libre belgique 16/01/08
En une petite dizaine d'années, Frédéric Penelle (Bruxelles 1973), qui a reçu fin 2007 le prix Art contest, a donné à la gravure un sursaut d'énergie par une utilisation inédite dans une oeuvre foncièrement originale, malicieuse, aussi drôle que grave.
Tenant de l'installation, chaque exposition met en place au mur une ribambelle de personnages et d'objets qui mélangent, joyeusement ou avec gravité, le temps, les époques, le dessin, la peinture, le noir, la couleur, le dessin, les images anciennes et l'on en passe, pour raconter non pas une mais mille histoires enchevêtrées dans lesquelles chacun repérera les siennes au gré de se son imagination, de son vécu, de ses rêves ou de ses préoccupations.
En un ensemble hétéroclite bien qu'étonnamment cohérent en son baroquisme linéaire comme une frise, tenant d'une mythologie personnelle rejoignant les imageries connues de tous, il dresse un surprenant mais en même temps familier portrait du monde. Et cet agencement ludique, amusant, inventif, menaçant parfois, tragique aussi, en son dispositif, donne constamment l'impression qu'il va se mettre en branle comme s'il s'agissait d'une vaste comédie interprétée par des acteurs qui nous ressemblent très étrangement. Serait-ce possible que nous y participions sans le savoir ? Très inspiré et convaincant. (C.L.)
Frédéric Penelle, impression graphique, extrait potentiel de l'installation
ART Contest
la libre belgique le 26/09/2007
Pour la troisième année consécutive, le prix de peinture ART Contest, réservé à un jeune artiste, a été attribué. Il a échu cette année à Frédéric Penelle, un graveur qui a disposé tel un environnement de multiples sujets découpés constituant une histoire à suivre mais à imaginer. Les deux autres prix ont été attribués à Mazzarella Thomas, auteur d'une peinture narrative à la fois appliquée et audacieuse dans une sorte de fausse naïveté, et à Boubolis Sofia qui piège une forme de réalisme par le traitement pictural. L'exposition des artistes sélectionnés par le jury, pour participer au concours, rassemble les oeuvres de huit plasticiens qui, tous, travaillent dans le registre de la figuration. Une intéressante cuvée 2007 à découvrir. (C.L.)
La couleur comme processus
Claude Lorent
la libre belgique 12/10/2005
Six jeunes plasticiens belges font la fête à l'une des composantes essentielles de la peinture
Actif depuis deux ans sur la scène bruxelloise, le jeune galeriste Frédéric Desimpel, implanté dans le quartier Louise à proximité de quelques autres galeries, se trace lentement une voie singulière. Dans le champ artistique très éclaté tel qu'il se présente aujourd'hui en Belgique comme ailleurs, il n'est pas toujours simple, surtout lorsqu'on n'opte pas pour le vedettariat, de se donner une ligne de conduite qui ne soit pas une simple succession d'expositions quelle qu'en soit la qualité.
En annonçant un triptyque et en invitant principalement des jeunes plasticiens, le galeriste se donne en tout cas l'opportunité de proposer un regard actuel et approfondi, diversifié aussi, sur l'une des composantes essentielles des oeuvres plastiques: la couleur. Du noir au blanc en passant par toutes les gammes, les matières, les intensités et luminosités, elle reste d'une importance capitale et a traversé toute la modernité en courants et contre-courants.
La voici généralement vive, dynamique, active, franche et plutôt joyeuse. Une belle fraîcheur d'ensemble que cette exposition où le choix d'un accrochage en rencontres plurielles donne inévitablement une orientation de lecture. Les oeuvres des six exposants entrent en dialogue à la cimaise plutôt que de constituer des entités séparées et si on appréhendera moins distinctivement le travail de l'un ou l'autre, cela renforce la cohésion du propos et crée un vrai parcours du regard.
D'abord, disons-le avec plaisir, on est dans la peinture à part entière, même quand un Frédéric Penelle pratique la gravure car il la met en situation telle que l'ensemble de la composition perd une spécificité pour en gagner une autre vraiment picturale par le mélange des matières.
Le plus étonnant en cette exposition est probablement le passage constant de la figuration à l'abstraction sans que cela ne crée de rupture: preuve que l'essentiel n'est pas là! Par ailleurs, si le travail de Georges Meurant est connu et régulier, on constate avec satisfaction qu'une Charlotte Marchand a considérablement évolué en son propre style désormais débarrassé de la peur du vide et des ajouts par trop anecdotiques, que Thomas Demey poursuit ses associations de tableaux en enrichissant son langage formel et chromatique: il réussit l'équilibre de la disparité! Léopoldine Roux investigue du côté formel et multiplie les matériaux tout en restant dans sa voie. Quant à Bertrand Boche, il joue à fond la mise en situation d'abord physique, voire la manière dont les oeuvres prennent position dans l'architecture, ensuite celle picturale des motifs.
Un ensemble d'une très bonne qualité.







